Dyslexie ou difficultés de lecture : comment repérez certains signes chez votre enfant ?

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20/03/2026
Dyslexie ou difficultés de lecture : comment repérez certains signes chez votre enfant ?
Distinguez dyslexie et difficultés passagères de lecture chez l'enfant. Signes d'alerte, diagnostic et quand consulter un spécialiste

Votre enfant peine à lire malgré ses efforts ? Cette situation, vécue par près d'un quart des élèves en début de scolarité, soulève une question cruciale : s'agit-il d'une simple difficulté passagère ou d'un trouble durable comme la dyslexie (Snowling & Hulme, 2012) ? Distinguer ces deux réalités représente un enjeu majeur pour l'avenir scolaire et le bien-être de votre enfant. Fort de son expertise en troubles DYS et de sa pratique quotidienne à Tubize, Maxime Trésinie vous guide dans cette démarche essentielle pour poser le bon diagnostic au bon moment.

  • Le diagnostic officiel ne peut être posé avant 6 ans en Belgique, pas avant mars de la première primaire pour établir un trouble durable
  • Les remboursements INAMI exigent l'utilisation exclusive de tests spécifiques (BALE, BELO, ...) avec deux scores inférieurs aux seuils définis
  • Certaines mutuelles peuvent rembourser une petite partie des séances de logopédie, même lorsque celles-ci ne sont pas remboursées par l’INAMI.

    Par exemple, la Mutualité Chrétienne peut rembourser 10 € par séance, et Partenamut 5 € par séance.

    Les conditions et les montants peuvent varier : n’hésitez pas à vérifier directement auprès de votre mutuelle.

Comprendre la dyslexie face aux difficultés de lecture temporaires

La dyslexie se définit comme un trouble neurologique durable affectant l'apprentissage de la lecture, touchant 3 à 7% des enfants (Wagner et al., 2021). Ce trouble spécifique du langage écrit persiste malgré une intelligence normale et un enseignement adapté. Il se décline avec 4 profils prinicpaux : 1) l'enfant peine à décoder les sons et produit des « lexicalisations » (lire "docteur" pour "ducteur") ; 2) des difficultés à reconnaître globalement les mots et générant des « régularisations » (comme lire « fusile » pour « fusil ») ; 3) la forme la plus sévère combinant les deux premiers profils ; 4) l'enfant présente une gestion visuelle du texte perturbée, saute des mots ou des lignes et manifeste un trouble des mouvements des yeux.

Il y a souvent une composante héréditaire : un enfant dont l'un des parents présente un trouble DYS (dyslexie, dyscalculie, ...) présente un risque accru de développer ce trouble. Souvent, la dyslexie s'accompagne d'une dysorthographie, créant des difficultés supplémentaires dans l'apprentissage de l'orthographe. Le caractère persistant distingue la dyslexie des difficultés passagères, c'est-à-dire un retard d'apprentissage en lecture et/ou en orthographe.

Les difficultés temporaires de lecture, quant à elles, résultent de facteurs variés. Un déménagement, des tensions familiales, une fatigue excessive ou un changement d'école peuvent perturber momentanément les apprentissages. Certains enfants rencontrent également des obstacles liés à la méthode pédagogique employée ou à leur rythme. Des troubles sensoriels non détectés, comme une baisse d'audition ou des problèmes visuels, peuvent aussi entraver l'apprentissage de la lecture sans pour autant constituer une dyslexie.

Exemple illustratif : 

Lucas a 8 ans et est en 2e primaire. Depuis le début de l’apprentissage de la lecture, lire lui demande beaucoup plus d’efforts qu’aux autres enfants de son âge. Il lit lentement, fait de nombreuses erreurs, devine souvent les mots et confond encore certains sons. Il a aussi beaucoup de mal à écrire correctement les mots, même lorsqu’ils ont déjà été vus plusieurs fois.

Malgré plusieurs mois d’aide adaptée, ses difficultés restent importantes. Elles ne s’expliquent pas par un manque de travail, un problème de vue ou d’audition, ni par une difficulté intellectuelle plus générale. Le bilan logopédique montre que ses résultats en lecture et en orthographe sont nettement plus faibles que ce qui est attendu pour son âge. Comme ces difficultés durent dans le temps, gênent clairement ses apprentissages et résistent à l’aide proposée, elles font penser à un trouble spécifique du langage écrit, comme une dyslexie souvent associée à une dysorthographie.

 

Identifier les signes d'alerte selon l'âge de l'enfant

Les manifestations précoces de la dyslexie

Bien que le diagnostic officiel de dyslexie ne puisse être posé avant mars de la 1e primaire selon l'INAMI en Belgique, certains signes précoces méritent votre attention. Entre 1 et 3 ans, certains enfants qui développeront plus tard une dyslexie peuvent présenter : un retard d’apparition du langage, un développement du vocabulaire plus lent et des difficultés à mémoriser les mots nouveaux (Snowling & Melby-Lervåg, 2016).

 

En maternelles, les signes deviennent plus spécifiques d'après Hulme & Snowling (2015) :

  • difficultés à mémoriser les comptines et chansons

  • difficultés à jouer avec les sons des mots (rimes, syllabes)

  • difficultés à apprendre les noms des lettres

  • vocabulaire à l'oral plus limité

  • difficultés à apprendre des suites verbales (jours de la semaine, alphabet)

Ces manifestations, lorsqu'elles s'accumulent, suggèrent la nécessité d'une vigilance accrue et d'un suivi attentif de l'évolution de l'enfant.

 

Les difficultés de lecture en primaire : quand s'inquiéter ?

Dès la première et la deuxième primaire, certains signes doivent attirer l’attention lorsqu’ils persistent malgré l’enseignement et l’entraînement selon Peterson & Pennington (2015) :

  • difficultés à associer les lettres aux sons

  • difficultés à fusionner les sons pour lire des syllabes

  • lecture lente et laborieuse

  • erreurs fréquentes lors du décodage des mots

  • difficultés à reconnaître rapidement des mots simples

Entre la 3ème et la 6ème année primaire, les difficultés de l'enfant dyslexique se manifestent différemment :

  • lecture lente et peu fluide

  • effort important pour décoder les mots

  • difficultés à lire les mots longs ou inconnus

  • fatigue importante lors de la lecture

  • difficultés en orthographe persistantes

La compréhension à la lecture peut également être affectée, car l’enfant doit consacrer beaucoup d’efforts au décodage des mots.

À noter : le diagnostic de dyslexie repose d'après le DSM-V (2022) sur :

  • des performances nettement inférieures aux attentes pour l’âge, mesurées par des tests standardisés

  • des difficultés persistantes malgré une aide appropriée

  • un impact significatif sur les apprentissages scolaires

  • l’exclusion d’autres causes (déficience intellectuelle, trouble sensoriel, manque d’enseignement, etc.).

Savoir quand consulter pour établir un diagnostic fiable

Le timing de la consultation revêt une importance capitale dans la prise en charge des difficultés de lecture. Avant l'apprentissage de la lecture, si votre enfant présente plusieurs signes inquiétants comme des difficultés importantes avec le langage oral, n'hésitez pas à consulter pour un premier avis. Cette démarche préventive permet d'identifier d'éventuels troubles associés et de mettre en place un accompagnement adapté.

La fin de la première primaire représente un moment charnière pour envisager un bilan approfondi si votre enfant ne parvient pas à déchiffrer les syllabes ou accumule les erreurs malgré le soutien pédagogique. Selon les critères diagnostiques, les difficultés doivent persister au moins 6 mois malgré des aides adaptées pour envisager une dyslexie. Cette période d'observation est un critère qui permet de distinguer un simple retard d'apprentissage d'une véritable dyslexie, sachant que le diagnostic 'officiel' ne pourra être posé qu'à partir de mars de la première primaire en Belgique.

N'attendez pas que l'estime de soi de votre enfant soit trop atteinte pour agir. Les répercussions psychologiques des difficultés de lecture non prises en charge peuvent s'avérer durables et impacter l'ensemble du parcours scolaire. Un enfant qui se sent constamment en échec développe souvent des stratégies d'évitement face à l'écrit, aggravant ainsi ses difficultés initiales.

 

Le parcours diagnostique en Belgique : démarches et remboursements

L'évaluation logopédique au cœur du diagnostic de dyslexie

En Belgique, le bilan logopédique constitue la pierre angulaire du diagnostic différentiel entre la dyslexie et des difficultés passagères. Ce bilan approfondi évalue les deux voies de lecture : la voie d'assemblage, permettant le décodage phonologique des mots nouveaux, et la voie d'adressage, assurant la reconnaissance globale des mots connus. Le logopède utilise exclusivement des tests standardisés figurant sur les listes limitatives de l'INAMI, comme la BALE ou la BELO, garantissant une évaluation objective et reconnue. Pour obtenir le remboursement, deux scores doivent être inférieurs aux valeurs seuils spécifiées dans ces tests.

L'évaluation ne se limite pas aux compétences en lecture. Elle exclut systématiquement d'autres causes possibles aux difficultés observées. Un audiogramme obligatoire vérifie l'absence de troubles auditifs, tandis qu'un test de QI s'assure que les difficultés ne résultent pas d'une déficience intellectuelle. Cette approche pluridisciplinaire, permet d'établir un diagnostic fiable distinguant clairement la dyslexie d'autres difficultés ou d'autres troubles. Le suivi inclut également une évaluation continue durant le traitement, avec au moins une réévaluation par accord de 2 ans, permettant d'adapter le plan thérapeutique selon les progrès de l'enfant.

Conseil pratique : Pour une prise en charge efficace de la dyslexie à Tubize, préparez votre première consultation en notant précisément les difficultés observées chez votre enfant : types d'erreurs récurrentes, contextes d'apparition, stratégies de compensation utilisées. Ces observations faciliteront l'évaluation en logopédie.

 

Aspects pratiques et financiers du diagnostic en Belgique

Pour bénéficier d'un bilan logopédique remboursé en Belgique, vous devez impérativement obtenir une prescription de bilan de votre médecin traitant, de l'ORL ou du pédiatre. Cette prescription constitue le sésame indispensable pour accéder à la logopédie. Pour les enfants et les adolescents, une intervention de l’INAMI est possible si le dossier est introduit auprès de la mutuelle avant l’âge de 15 ans. Le traitement doit toutefois être terminé avant l’âge de 17 ans. Selon votre mutuelle et votre situation personnelle, une partie du ticket modérateur peut également être remboursée.

  • Votre dossier doit être déposé dans les 60 jours suivant la première prescription
  • Conservez précieusement une copie de tous les documents
  • Prévoyez un budget, même si le remboursement est prévu environ 1 mois après avoir introduit le dossier auprs de votre mutuelle (le délai varie beaucoup)
  • Certaines mutuelles proposent également des aides complémentaires. Par exemple, un remboursement partiel du test de QI peut parfois être accordé. N’hésitez pas à vous renseigner directement auprès de votre mutuelle.

Les familles peuvent également prétendre aux allocations familiales majorées (AFS) pour les enfants présentant des troubles d'apprentissage reconnus. Cette aide financière supplémentaire, évaluée selon l'impact du trouble sur la vie quotidienne de l'enfant et de sa famille, apporte un soutien non négligeable dans la prise en charge globale de la dyslexie.

Face aux difficultés de lecture de votre enfant, distinguer une dyslexie de troubles passagers nécessite observation, patience et expertise professionnelle. Maxime Trésinie, logopède spécialisé dans les troubles DYS à Tubize, vous accompagne dans cette démarche diagnostique essentielle. Fort d'une approche individualisée et d'un suivi prolongé incluant des exercices à domicile, il propose une prise en charge adaptée aux besoins spécifiques de chaque enfant. Si vous résidez dans la région de Tubize, Braine-l'Alleud ou Hal et que vous vous interrogez sur les difficultés de lecture de votre enfant, n'hésitez pas à prendre contact pour un premier entretien qui vous éclairera sur la marche à suivre.