Comprendre le trouble des sons de la parole et aider son enfant au quotidien

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22/05/2026
Comprendre le trouble des sons de la parole et aider son enfant au quotidien
Votre enfant articule difficilement ? Découvrez les signes du trouble des sons de la parole et des conseils concrets pour l’aider.

“Je ne comprends pas toujours ce qu’il dit …”
“Il oublie des sons.”
“Il dit sateau au lieu de château.”
“Il ne fait pas toujours les mêmes erreurs.”

Ces situations inquiètent souvent les parents. Certaines erreurs de prononciation font partie du développement normal. Mais lorsque les difficultés persistent, rendent l’enfant difficile à comprendre ou le gênent pour communiquer, on peut parler d’un trouble des sons de la parole.

Un trouble des sons de la parole correspond à une difficulté persistante dans la production des sons qui gêne l’intelligibilité ou la communication orale. Ces difficultés peuvent toucher la perception des sons, l’articulation, la production motrice, les représentations des sons, les syllabes ou encore le rythme et l’intonation d'après l'ASHA.

Qu’est-ce qu’un trouble des sons de la parole ?

Un phonème, c’est un son de la langue. Par exemple : /s/ (ex : s de serpent), /ch/ (ex : ch de chat), /r/ (ex :  r de renard), /k/ (ex : k de kangourou).

Un enfant peut avoir des difficultés :

  • - à produire un son avec sa bouche ;
  • - à organiser les sons dans les mots ;
  • - à distinguer certains sons proches ;
  • - à retenir la forme sonore correcte d’un mot ;
  • - à produire des mots longs ou complexes.

Le terme “trouble des sons de la parole” est donc un terme large. Il peut regrouper des difficultés articulatoires, phonologiques ou motrices.

Ce qui peut être normal … et ce qui doit alerter

Tous les enfants ne développent pas les sons au même rythme. Certains sons sont plus difficiles que d’autres et certaines simplifications peuvent être attendues selon l’âge.

Ce qui doit surtout attirer l’attention, c’est :

  • - la persistance des erreurs ;
  • - le nombre de sons touchés ;
  • - la difficulté à comprendre l’enfant ;
  • - la frustration ;
  • - l’impact dans la vie de tous les jours, notamment à l’école.

Dans une étude menée auprès d’enfants de 4 à 5 ans, McLeod et al. (2017) montrent que ces enfants présentaient souvent une intelligibilité réduite pour les personnes non familières et des fragilités associées pour l'émergence du langage ainsi que le traitement des sons.

Pourquoi certains enfants ont-ils ces difficultés ?

Il n’y a pas une seule cause. Chez certains enfants, la difficulté est plutôt articulatoire : le geste pour produire le son est difficile. Chez d’autres, elle est plutôt phonologique : l’enfant n’organise pas encore correctement les sons dans les mots. Les deux sont également possibles.

Les difficultés peuvent concerner :

  • - la perception des sons ;
  • - la discrimination entre deux sons proches ;
  • - la motricité orale ;
  • - la mémoire de la forme sonore des mots ;
  • - la coordination des mouvements de la parole ;
  • - la conscience phonologique (jouer avec les sons et les syllabes).

Cela ne veut pas dire que l’enfant “ne fait pas d’effort”. Souvent, il essaie vraiment de parler, mais son système de sons n’est pas encore suffisamment stable.

Ce qu’on observe souvent au quotidien

Les parents décrivent souvent :

  • - des sons oubliés ;
  • - des sons remplacés par d’autres ;
  • - des mots raccourcis ;
  • - des erreurs variables ;
  • - une parole plus difficile à comprendre quand l’enfant est fatigué ;
  • - de la frustration quand l’adulte ne comprend pas.

Par exemple, l’enfant peut ne pas prononcer plusieurs sons, oublier des sons, sembler “mal articuler” ou être difficile à comprendre.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Il vaut mieux éviter de corriger sans cesse. Dire plusieurs fois “non, répète” peut décourager l’enfant.

À éviter autant que possible :

  • - “Parle bien.”
  • - “Répète encore.”
  • - “Tu sais le dire pourtant.”
  • - “Ton frère le disait déjà à ton âge.”
  • - Faire répéter dix fois le même mot.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais aider. Cela veut dire que l’aide doit être donnée sous forme de modèle, pas sous forme de pression.

Ce qui aide vraiment au quotidien

Plusieurs stratégies peuvent se montrer efficaces : être un bon modèle, ralentir légèrement le débit, reformuler, jouer avec les sons, utiliser des repères visuels ou tactiles, intégrer les sons dans les routines et soutenir la motivation.

Être un bon modèle

Parlez clairement, sans exagérer. Vous pouvez ralentir un peu et faire des pauses.

  • - Exemple :
    Au lieu de parler très vite, dites calmement :
    “Oui, c’est un chat. Il dort.”

Cela donne à l’enfant un modèle sonore plus clair.

Reformuler naturellement

  • Si l’enfant dit :
    “Moi veux un tateau.”
  • Vous pouvez répondre :
    “Oui, tu veux un gâteau.”

L’enfant entend la bonne forme sans être mis en échec. La reformulation est un “super-pouvoir”.

Accentuer légèrement le son

Si le son travaillé est /ch/, vous pouvez dire :
“Oui, un chhhâteau.”

Il faut le faire légèrement, sans caricaturer.

Jouer avec les sons

Les comptines, les chansons, les rimes et les jeux d’écoute sont utiles car ils rendent les sons plus visibles et plus amusants.

Exemples :

  • - “Qu’est-ce qui rime avec chat ?”
  • - “Est-ce que table et tapis commencent pareil ?”
  • - “Quel bruit fait le vent ? Vvvvvv…”

Ces activités soutiennent aussi la conscience phonologique, qui est liée aux apprentissages de la lecture et de l’orthographe. Tambyraja et al. (2020) montrent que, chez des enfants avec trouble des sons de la parole, ils sont plus à risque d'avoir des difficultés en lecture et en orthographe.

Utiliser des repères visuels et tactiles

Certains enfants ont besoin de voir ou de sentir ce qui se passe.

Exemples :

  • - utiliser un miroir ;
  • - sentir l’air qui sort pour le /f/ ;
  • - toucher la gorge pour sentir les vibrations du /v/ ou du /z/ ;
  • - reprendre les gestes vus en séance.

Faire court et régulier

La maison ne doit pas devenir une séance de rééducation. Nous pouvons plutôt privilégier des moments courts, réguliers et naturels. Par exemple, 5 à 10 minutes dans le jeu, le bain, le repas ou la voiture.

Valoriser les efforts

Il est important de féliciter les tentatives, pas seulement les productions parfaites.

Exemple :
- “Bravo, j’ai entendu ton /r/ dans j’adore.”

Cela soutient la confiance et la motivation.

Tableau avec des exemples

Situation Réaction aidante Réaction moins aidante
L’enfant dit “tat” pour “chat” “Oui, le chat !” “Non, répète correctement.”
Il oublie un son Reformuler calmement Faire répéter 10 fois
Il est difficile à comprendre Écouter, ralentir, reformuler Le couper ou parler à sa place
Il essaie mais se trompe Valoriser l’effort Dire “ce n’est pas ça”
Il fatigue Faire une pause Insister davantage

Impact émotionnel

Un trouble des sons de la parole peut gêner l’enfant dans ses échanges. Certains enfants parlent moins, évitent certains mots ou se frustrent lorsqu’on ne les comprend pas.

McLeod et al. (2017) indiquent que les enfants avec un trouble des sons de la parole peuvent présenter des besoins plus larges que la seule articulation, notamment sur le plan de la communication et des apprentissages.

Lien avec les apprentissages scolaires

Un trouble des sons de la parole n’entraîne pas automatiquement une difficulté de lecture ou d’orthographe.

Ils présentent néanmoins plus de risques dans les apprentissages écrits, surtout lorsque la conscience phonologique est fragile.

Quand consulter un logopède ?

Il peut être utile de consulter si :

  • - votre enfant est souvent difficile à comprendre ;
  • - les erreurs persistent ;
  • - plusieurs sons sont absents ou remplacés ;
  • - l’enfant se frustre beaucoup ;
  • - l’école signale une difficulté ;
  • - l’enfant évite de parler ;
  • - les difficultés ont un impact sur les interactions.

Une évaluation permet de distinguer un développement attendu ("des erreurs normales"), un retard ou un trouble des sons de la parole.

Le rôle du logopède

Le logopède évalue :

  • - les sons produits ;
  • - les sons absents ;
  • - les types d’erreurs ;
  • - l’intelligibilité ;
  • - la perception des sons ;
  • - la conscience phonologique ;
  • - l’impact sur la communication.

L’intervention peut ensuite viser :

  • - la production des sons ;
  • - l’organisation des sons ;
  • - la perception auditive ;
  • - la généralisation dans les mots et les phrases ;
  • - la guidance parentale ;
  • - la coordination avec l’école si nécessaire.

La littérature soutient aussi l’intérêt d’impliquer les parents dans des interventions, à condition que cela soit guidé par le logopède et adapté à l’enfant (Sugden et al., 2016).

Conclusion

Un enfant qui prononce mal certains sons ne le fait pas exprès. Il a besoin de modèles clairs, de temps, de jeux, d’encouragements et parfois d’un accompagnement logopédique.

À la maison, les parents peuvent beaucoup aider :

  • - en parlant clairement ;
  • - en reformulant ;
  • - en jouant avec les sons ;
  • - en encourageant les tentatives ;
  • - en évitant la pression.

L’objectif n’est pas une parole parfaite immédiatement. L’objectif est que l’enfant progresse, reste motivé et puisse mieux se faire comprendre.

Besoin d’un accompagnement logopédique à Tubize ?

Si votre enfant présente des difficultés d’articulation, au niveau des sons ou d’intelligibilité, un bilan logopédique peut aider à mieux comprendre ses besoins. J’accompagne les enfants à Tubize, près de Hal et Braine-l’Alleud, pour les troubles des sons de la parole, le langage oral et les difficultés phonologiques.