“Il cherche souvent ses mots …”
“Il dit truc, machin, ça …”
“Il connaît le mot, mais il n’arrive pas à le retrouver.”
Ces situations peuvent inquiéter les parents. On pense souvent qu’il s’agit simplement d’un “manque de vocabulaire”. En réalité, les difficultés lexicales (ou les difficultés de vocabulaire) peuvent concerner plusieurs étapes : apprendre un mot, comprendre précisément son sens, le ranger avec d’autres mots, puis le retrouver au bon moment.
Le trouble lexical (des difficultés persistantes au niveau du vocabulaire) ne se limite pas à "il n'a pas assez de vocabulaire" : il touche la manière dont l’enfant enregistre, organise et retrouve les mots. Il distingue deux mécanismes importants : le stockage lexical et l’accès lexical.
L’ASHA décrit que la sémantique peut également être touchée, c’est-à-dire le sens des mots. Ces difficultés peuvent aussi avoir un impact sur les apprentissages.
Le lexique, c’est le “stock” de mots qu’un enfant comprend et utilise.
Un enfant peut avoir des difficultés :
Les difficultés d’accès au mot peuvent apparaître même lorsque l’enfant comprend le mot (Messer & Dockrell, 2006).
On peut imaginer que l’enfant possède un “dictionnaire dans sa tête”.
Parfois :
Le stockage, c’est la manière dont le mot est enregistré.
Un enfant peut avoir besoin de nombreuses rencontres avec un mot pour le comprendre et le réutiliser.
Exemple : l’enfant connaît “renard”, mais le confond encore avec “chien”, “loup” ou “chat”.
L’accès lexical, c’est la capacité à retrouver le mot.
L’enfant peut alors :
Les parents peuvent observer :
L’intelligence de l’enfant n’est pas en cause. Le problème peut venir d’un accès moins fluide ou d’un lexique moins riche.
Le vocabulaire est important pour comprendre les consignes, les histoires, les textes et les notions scolaires.
Nation et Snowling (2004) montrent que les compétences langagières larges, au-delà des sons, contribuent au développement de la lecture. Un trouble lexical persistant peut impacter la compréhension de lecture lorsque les textes deviennent plus spécifiques et abstraits.
À éviter autant que possible :
Ces phrases partent souvent d’une bonne intention, mais elles peuvent augmenter la pression.
Commenter les actions du quotidien aide votre enfant à enrichir son vocabulaire.
Au lieu de dire “bête”, on peut dire “fourmi”.
Au lieu de dire “oiseau”, on peut dire “pigeon”, “aigle”, “chouette”.
Pendant une histoire :
La lecture partagée est une activité permettant de soutenir le vocabulaire.
Cela donne un modèle précis sans mettre l’enfant en échec. Les doubles propositions permettent d’entendre le mot précis et de le réutiliser.
“À toute allure, ça veut dire très vite.”
Expliquer les mots et les expressions est une autre stratégie pour développer le vocabulaire.
“Il court à toute allure, comme toi quand tu cours pour attraper ton frère.”
Relier les nouveaux mots au vécu de l’enfant aide à donner du sens.
Plus les mots sont connectés entre eux, plus ils sont faciles à organiser.
Il faut encourager les essais, même si les mots ne sont pas encore précis.
| Situation | Réaction aidante | Réaction moins aidante |
|---|---|---|
| “Le truc” | “Tu veux le couteau ?” | “Dis le vrai mot.” |
| Confusion chien/renard | “C’est un renard, il est roux.” | “Non, c’est faux.” |
| Mot difficile à retrouver | Donner un choix | Presser l’enfant |
| Mot imprécis | Ajouter le mot précis | Corriger sèchement |
| Enfant frustré | Reformuler et rassurer | Insister davantage |
Un avis logopédique peut être utile si :
Le logopède peut évaluer :
Un enfant qui cherche ses mots ne le fait pas exprès.
Il peut :
Vous pouvez aider votre enfant en parlant, en lisant, en expliquant, en reformulant et en donnant des choix, sans transformer le quotidien en séance de rééducation.
Si votre enfant présente des difficultés de vocabulaire, un manque du mot fréquent ou un trouble lexical, un bilan logopédique peut aider à mieux comprendre ses besoins. J’accompagne les enfants à Tubize, près de Hal et Braine-l’Alleud, pour les difficultés de langage oral, de vocabulaire, de compréhension et d’expression.