Saviez-vous qu'environ un élève par classe de 20 enfants souffre de dyscalculie, ce trouble spécifique des apprentissages en mathématiques qui touche autant les filles que les garçons ? Votre enfant confond régulièrement 26 et 62, compte encore sur ses doigts en fin de primaire ou met un temps anormalement long pour effectuer des calculs simples ? Ces difficultés persistantes peuvent cacher une dyscalculie, un trouble neurologique méconnu qui, contrairement aux simples difficultés mathématiques, temporaires, les difficultés persistent souvent malgré un enseignement adapté et nécessitent un accompagnement spécifique. Fort de son expérience dans l'accompagnement des troubles DYS, Maxime Trésinie, logopède à Tubize, aide quotidiennement les enfants dyscalculiques à surmonter leurs difficultés et à retrouver confiance en eux.
La dyscalculie représente bien plus qu'une simple difficulté avec les calculs. Ce trouble spécifique d'apprentissage, d'origine neurologique, affecte entre 3 et 7% de la population et se caractérise par des difficultés persistantes dans l'acquisition et l'utilisation des compétences en mathématiques (American Psychiatric Association, 2022). Contrairement à la dyslexie qui touche davantage les garçons, la dyscalculie touche autant les filles que les garçons, rendant son dépistage d'autant plus crucial. Le caractère héréditaire de ce trouble est un élément à prendre en compte : les enfants atteints ont souvent un parent, un frère, une sœur ou un autre membre de la famille qui a également un trouble spécifique des apprentissages (dyslexie, dyscalculie, ...).
L'impact psychologique de ce trouble s'avère considérable lorsqu'il n'est pas reconnu et pris en charge. Les enfants dyscalculiques développent fréquemment des troubles comportementaux, une anxiété mathématique paralysante, voire une véritable phobie scolaire. Sans intervention adaptée durant l'enfance, ces difficultés persistent à l'âge adulte, compliquant des tâches quotidiennes comme gérer un budget, calculer des proportions en cuisine ou estimer des distances. Les répercussions fonctionnelles touchent ainsi tous les aspects de la vie quotidienne : faire les courses devient un défi, planifier son temps une source d'anxiété, et même suivre une recette de cuisine peut s'avérer problématique.
Le diagnostic précoce devient donc essentiel pour éviter le décrochage scolaire et préserver l'estime de soi de l'enfant. En Belgique, c'est généralement un logopède spécialisé dans les troubles en mathématiques qui effectue cette évaluation dès le mois de mars de la première année primaire, moment où il y a eu un apprentissage des mathématiques.
Les difficultés liées à la dyscalculie ne ressemblent pas simplement à des difficultés scolaires passagères. Elles ont tendance à persister dans le temps et à résister à l’entraînement, même lorsque l’enfant est bien accompagné à l’école et à la maison. Les recherches montrent que ces difficultés concernent souvent la compréhension des nombres, des quantités et des calculs simples (Shalev & von Aster, 2008 ; American Psychiatric Association, 2022).
Certains enfants présentent par exemple des erreurs lorsqu’ils écrivent ou lisent les nombres. Ils peuvent écrire 26 au lieu de 62, avoir du mal à comprendre comment se construisent les nombres ou confondre certains chiffres. Ces erreurs peuvent apparaître chez beaucoup d’enfants en apprentissage, mais chez les enfants présentant une dyscalculie, elles sont fréquentes et persistent avec le temps.
Les difficultés peuvent aussi concerner la compréhension des quantités. L’enfant peut avoir du mal à reconnaître rapidement quel groupe d’objets est le plus grand, à estimer une quantité ou à comparer deux nombres. Ces difficultés sont liées à ce que les chercheurs appellent le “sens du nombre”, une compétence essentielle pour comprendre les mathématiques (Dehaene, 2011 ; Butterworth, Varma & Laurillard, 2011).
Le comptage et le dénombrement peuvent également être compliqués. Certains enfants ont du mal à réciter la suite des nombres, oublient des chiffres ou rencontrent des difficultés pour compter correctement des objets. Par exemple, ils peuvent compter deux fois le même objet ou en oublier un, ce qui peut montrer une difficulté à coordonner le nombre prononcé et l’objet pointé (Shalev & von Aster, 2008).
Enfin, les enfants peuvent mettre beaucoup de temps à résoudre des calculs simples, même après de nombreux entraînements. Les faits arithmétiques comme 3 + 2 ou 4 × 3 restent difficiles à mémoriser et nécessitent souvent de recompter avec les doigts (même en fin de primaire).
Un élément important pour différencier une difficulté passagère d’un trouble spécifique est la durée des difficultés. Lorsque celles-ci persistent au moins 6 mois malgré un enseignement et un soutien adaptés, et qu’elles ont un impact sur les apprentissages scolaires, il peut être utile de consulter un logopède pour réaliser un bilan (American Psychiatric Association, 2022).
Exemple concret : un enfant de 8 ans peut continuer à compter laborieusement sur ses doigts pour faire 3 + 2, avoir du mal à dire quel nombre est le plus grand entre 8 et 5, et écrire régulièrement 26 au lieu de 62. Si ces difficultés persistent malgré l’entraînement à l’école et à la maison, une évaluation en logopédie peut aider à mieux comprendre la situation.
Les recherches en neurosciences montrent que certaines zones du cerveau impliquées dans la compréhension des nombres fonctionnent différemment chez les enfants présentant une dyscalculie. Une région particulièrement importante est le sillon intrapariétal, situé dans les deux hémisphères du cerveau. Cette zone joue un rôle central dans la compréhension des quantités et des nombres (Dehaene, 2011 ; Butterworth, Varma & Laurillard, 2011). Chez les personnes dyscalculiques, son fonctionnement peut être moins efficace. Le cerveau peut alors mobiliser d’autres régions pour compenser, notamment dans les zones frontales, mais cette compensation reste souvent partielle.
Les chercheurs distinguent également deux systèmes impliqués dans la compréhension des nombres. Le premier permet de reconnaître rapidement de petites quantités sans compter (par exemple voir immédiatement qu’il y a trois objets). Le second permet d’estimer des quantités plus grandes, comme comparer rapidement deux groupes d’objets. Ces systèmes peuvent être moins efficaces chez certains enfants présentant une dyscalculie (Feigenson, Dehaene & Spelke, 2004).
Le diagnostic repose sur les critères du DSM-5 (American Psychiatric Association, 2022). Les difficultés peuvent concerner la compréhension des nombres, la mémorisation des faits arithmétiques, les calculs ou le raisonnement mathématique. Elles doivent être persistantes et durer au moins six mois malgré un soutien adapté. L’évaluation est réalisée à l’aide de tests standardisés utilisés par les logopèdes, comme l'EXAMATH 5-8 (Lafay & Helloin, 2021).
Il est également fréquent que la dyscalculie soit associée à d’autres difficultés, comme la dyslexie, le TDAH ou certains troubles du langage (Landerl et al., 2013). C’est pourquoi l’évaluation peut parfois nécessiter l’intervention de plusieurs professionnels.
La prise en charge de la dyscalculie repose souvent sur un accompagnement spécialisé, fréquemment réalisé par un logopède. L’objectif est d’aider l’enfant à mieux comprendre les nombres et les quantités, plutôt que de simplement mémoriser des règles ou des calculs (Butterworth, Varma & Laurillard, 2011 ; Kaufmann et al., 2013).
Un travail important consiste à développer le sens du nombre. Par exemple, certains exercices entraînent l’enfant à reconnaître rapidement de petites quantités sans compter, une capacité appelée subitizing. Cette compétence permet de voir immédiatement qu’il y a trois ou quatre objets sans devoir les compter un par un (Feigenson, Dehaene & Spelke, 2004 ; Dehaene, 2011).
Pour les quantités un peu plus grandes, les enfants peuvent apprendre à reconnaître des configurations visuelles, comme les points d’un dé ou d’un domino. Ces représentations aident à mieux comprendre les nombres et à les manipuler mentalement.
Un autre aspect important est la décomposition des nombres. L’enfant apprend par exemple que 6 peut être vu comme 5 + 1 ou 3 + 3. Cette manière de réfléchir permet de donner du sens aux nombres et facilite ensuite les calculs (Geary, 2011).
À noter : Pour les tables de multiplication, on privilégie souvent des stratégies de raisonnement plutôt qu’une mémorisation massive. Par exemple, pour calculer 6 × 7, l’enfant peut penser : 5 × 7 = 35 puis ajouter encore 7 pour trouver 42.
À l’école, certains aménagements peuvent aider l’enfant :
utilisation d’aides visuelles et de matériel concret (blocs, réglettes…)
temps supplémentaire pour les exercices
organisation claire des calculs
possibilité d’utiliser des outils comme une calculatrice.
Contrairement à certaines idées reçues, compter sur ses doigts peut être une stratégie utile, notamment pour les enfants qui apprennent encore à manipuler les nombres (Fischer, 2012).
À la maison, l'intégration des mathématiques dans les activités quotidiennes renforce les apprentissages. Cuisiner ensemble permet de travailler les proportions, faire les courses entraîne le calcul mental et la manipulation de la monnaie, tandis que les jeux de société développent les stratégies numériques.
La dyscalculie, bien que complexe, peut être efficacement prise en charge grâce à une approche pluridisciplinaire combinant une rééducation spécifique, des aménagements raisonnables et un soutien familial. Maxime Trésinie, logopède à Tubize, accompagne les enfants dyscalculiques avec une expertise dans les troubles DYS, proposant des séances individualisées et un suivi prolongé incluant des exercices à domicile. Son approche bienveillante et sa collaboration étroite avec les familles et les équipes scolaires permettent aux enfants de surmonter leurs difficultés et de retrouver le plaisir d'apprendre. Si vous suspectez une dyscalculie chez votre enfant et résidez dans la région de Tubize, Braine-l'Alleud ou Hal, n'hésitez pas à prendre contact pour une évaluation complète et un accompagnement adapté aux besoins spécifiques de votre enfant.