Faire les devoirs avec un enfant dyslexique peut vite devenir épuisant pour tout le monde. Ce n’est pas un problème de volonté. C’est souvent un problème de coût cognitif : lire, écrire, copier, relire et s’organiser demandent beaucoup plus d’efforts à votre enfant que chez d’autres élèves. APEDA rappelle que les troubles spécifiques des apprentissages touchent une part importante des jeunes, avec des estimations allant de 5 à 15 % selon le trouble considéré (APEDA, page consultée en 2026).
Comme logopède, je conseille aux parents de viser un objectif simple : faire moins, mais mieux, avec des outils adaptés, un cadre clair et des attentes réalistes. Voici 5 conseils concrets.
Votre enfant n’a pas besoin d’un espace “parfait”. Il a besoin d’un espace prévisible.
L’idéal :
Sur le plan pratique, le plus utile n’est pas forcément un matériel “spécial dys”, mais un environnement qui réduit la dispersion. L’International Dyslexia Association (2017) recommande d’ailleurs de diminuer les distractions visuelles et auditives ainsi que de prévoir des outils d’organisation simples comme un minuteur, un planning, des fluos ou un code couleur.
Le code couleur par matière peut être une bonne idée si votre enfant s’y retrouve vraiment : par exemple une farde rouge pour le français, bleue pour les maths, verte pour l’éveil. Ce n’est pas “magique”, mais cela aide certains enfants à repérer plus vite ce qu’il faut sortir, ranger ou emporter.
À la maison, une longue séance de devoirs est souvent contre-productive. Beaucoup d’enfants dyslexiques s’épuisent avant même d’avoir montré ce qu’ils savent.
En pratique, je recommande souvent :
Cette logique rejoint les recommandations de plusieurs ressources de référence destinées aux familles : l’enfant travaille mieux quand la tâche est découpée, avec des pauses avant que la frustration n’explose (Understood, 2024 ; International Dyslexia Association, 2017).
Le plus important :
Une bonne question à se poser est : “Qu’est-ce que je veux vraiment vérifier ici ?”
Si l’objectif est de comprendre une leçon d’histoire, il n’est pas toujours pertinent d’imposer en plus un gros effort de lecture autonome et une longue copie manuscrite.
Les outils numériques peuvent vraiment aider, surtout quand ils réduisent le coût de la lecture et de l’écriture :
Pour les manuels scolaires, NumaBib, met gratuitement à disposition des versions numériques adaptées de manuels belges, à certaines conditions (APEDA, page consultée en 2026).
Mon conseil clinique est donc simple :
Pour beaucoup d’enfants dyslexiques, la mise en page compte vraiment :
Les travaux de Luz Rello et Ricardo Baeza-Yates (2017) suggèrent que, sur écran, une taille de texte plus grande et un espacement plus généreux peuvent améliorer la lisibilité. En revanche, il faut rester prudent avec les promesses autour de certaines polices “spéciales dys”. Une étude de Wery & Diliberto (2017) n’a pas montré d’avantage clair de la police OpenDyslexic sur la vitesse ou la précision de lecture. Donc : oui à une présentation plus lisible, non aux effets d’annonce.
Concrètement, à la maison :
La latte de lecture ou le cache peuvent être utiles chez certains enfants pour suivre la ligne. Ce n’est pas un outil “obligatoire”, mais un soutien possible si l’enfant se perd facilement sur la page. D’ailleurs, lors des examens, comme le CEB, le cache ou la latte d’aide à la lecture fait partie des aménagements raisonnables qui peuvent être proposés.
Un enfant dyslexique entend souvent, explicitement ou non, qu’il est “lent”, “pas concentré”, “pas soigneux”, alors qu’il fournit énormément d’efforts. Les conséquences émotionnelles sont bien documentées. L’International Dyslexia Association (2021) rappelle que la frustration répétée peut nourrir une colère, une anxiété et une perte de confiance.
Quelques repères utiles :
Beaucoup d’enfants présentent aussi d’autres difficultés associées. La cooccurrence entre dyslexie et TDA/H est fréquente, avec des estimations souvent situées autour de 25 à 40 % selon les études de revue citées par McGrath et al. (2019). Cela peut expliquer un mélange entre lenteur, distractibilité, fatigabilité et surcharge encore plus marqué.
Maxime Trésinie, logopède à Tubize, accompagne quotidiennement des enfants dyslexiques et leurs familles dans cette démarche. Son approche individualisée et son suivi prolongé avec exercices à domicile permettent de développer des stratégies sur mesure pour chaque enfant. Si vous habitez la région de Tubize, Braine-l'Alleud ou Hal et que votre enfant dyslexique rencontre des difficultés avec ses devoirs, n'hésitez pas à consulter pour établir ensemble un plan thérapeutique adapté.