En Fédération Wallonie-Bruxelles, environ 85 000 élèves vivent avec un ou plusieurs troubles d’apprentissage. L’association rappelle aussi qu’en Belgique francophone, cela représente en moyenne deux élèves par classe. Ces troubles ne sont pas liés à un manque d’intelligence, mais ils peuvent rendre l’école beaucoup plus coûteuse en efforts au quotidien (APEDA, s. d.). À Tubize, Maxime Trésinie, logopède spécialisé dans l'accompagnement des troubles DYS, observe quotidiennement ces enjeux et propose des stratégies concrètes pour préserver cette précieuse confiance au quotidien.
Les troubles spécifiques des apprentissages, comme la dyslexie, la dysorthographie ou la dyscalculie, concernent environ 5 à 15 % des enfants. Dans près de 40 % des cas, plusieurs troubles sont associés, ce qui peut alourdir encore le quotidien de l’enfant (American Psychiatric Association, 2022 ; Inserm, 2019).
Un enfant DYS peut comprendre une matière, mais avoir beaucoup de mal à la montrer à l’écrit, à lire rapidement une consigne, à copier sans erreur ou à faire plusieurs choses en même temps. Ce handicap de la double tâche : quand lire, écrire ou tracer ne sont pas automatisés, l’enfant dépense une grande partie de son énergie sur ces actions de base, au détriment de la compréhension, de l’organisation ou de la réponse attendue (APEDA, s. d.).
À force de travailler beaucoup pour un résultat qui reste faible ou irrégulier, certains enfants finissent par penser qu’ils sont “nuls” ou “pas capables”. La revue systématique de Gibby-Leversuch, Hartwell et Wright (2021) montre que les difficultés de lecture et la dyslexie sont souvent associées à une image de soi plus fragile, surtout dans le domaine scolaire. Une autre revue, menée par Wilmot, Pannifer et Dunn (2023), conclut aussi que les enfants avec une dyslexie ont un risque plus élevé de difficultés de santé mentale, notamment sur le versant anxieux et émotionnel.
Des travaux plus récents vont dans le même sens : les enfants et adolescents avec une dyslexie ou un TDAH présentent plus souvent des difficultés psychologiques ou de santé mentale que leurs pairs, même si cela ne concerne pas tous les enfants de la même manière (Morte-Soriano et al., 2024).
En psychologie de l’éducation, on sait que le type de feedback donné à l’enfant influence sa manière d’expliquer ses réussites et ses échecs. Xing, Chao et Cheng (2018) montrent que les formes de valorisation ne sont pas neutres.
Un enfant DYS ne doit pas grandir en pensant que sa valeur dépend de ses dictées, de sa vitesse de lecture ou de ses points en math. Il a besoin d’entendre clairement que ses difficultés scolaires ne résument pas qui il est. Les approches centrées sur les forces, l’auto-efficacité et la confiance sont de plus en plus mises en avant dans les travaux récents sur le bien-être des jeunes avec une dyslexie (Abu Omar, Kirkman, Scott, Babicova, & Irons, 2024).
Le sport, la musique, le dessin, le bricolage, les jeux de stratégie, la danse, la cuisine ou les activités de groupe peuvent jouer un rôle important. L’idée n’est pas de “compenser” l’école à tout prix, mais d’aider l’enfant à vivre aussi des situations où il se sent compétent, utile et fier de lui. Les approches positives décrites dans la littérature vont dans ce sens, même si elles doivent toujours être adaptées à l’enfant (Abu Omar et al., 2024).
Quand c’est possible, il faut éviter d’ajouter des obstacles inutiles : trop de copie, des consignes longues, un temps trop serré, plusieurs tâches à la fois, ou des supports visuellement surchargés.
Quand l’enfant se sent écouté sans être jugé, cela peut limiter un discours négatif sur lui-même. Dans la dyslexie, il est important de ne pas réduire l’accompagnement aux seuls apprentissages scolaires (Wilmot et al., 2023).
Exemple 1 : Samira, 9 ans
Samira comprend bien ses leçons d’éveil, mais elle met beaucoup de temps à lire et à écrire. Ses parents ont commencé à valoriser ses stratégies plutôt que ses points : “Tu as utilisé ton doigt pour suivre la ligne”, “Tu as demandé qu’on relise la consigne avec toi”.
Exemple 2 : Nabil, 10 ans
Nabil a une dyslexie et adore le basket. À l’école, il se sent souvent en retard. À la maison, ses parents ont décidé de ne plus parler uniquement des devoirs en premier. Ils commencent aussi par ce qu’il a réussi dans la journée : un panier marqué, un service rendu, une blague racontée, une consigne comprise. Cela ne supprime pas la difficulté, mais cela aide Nabil à ne pas se définir uniquement par ses échecs scolaires.
Évitez les phrases comme :
Tu vois, quand tu veux, tu peux.
Ton frère y arrive bien, lui.
Ce n’est pas si difficile.
Tu es trop intelligent pour faire ces erreurs.
Ces phrases partent souvent d’une bonne intention, mais elles peuvent renforcer la honte ou l’impression de décevoir. Beaucoup d’enfants avec dyslexie vivent déjà un fort décalage entre leurs efforts et le résultat obtenu (Gibby-Leversuch et al., 2021).
Il faut demander de l’aide quand vous observez :
une peur importante des devoirs ;
des pleurs fréquents ;
des phrases très dures sur soi ;
un évitement scolaire marqué ;
une fatigue excessive ;
une perte d’envie durable.
Les difficultés émotionnelles ne sont pas “à côté” du trouble : elles peuvent en devenir une conséquence importante. Un accompagnement efficace doit tenir compte à la fois des apprentissages et du bien-être psychologique (Wilmot et al., 2023).
À Tubize, Maxime Trésinie accompagne quotidiennement des enfants DYS et leurs familles dans ce parcours exigeant mais porteur d'espoir. Fort de son expertise en logopédie, il propose un suivi individualisé qui va au-delà des séances en cabinet. Son approche bienveillante et ses outils adaptés permettent à chaque enfant de progresser à son rythme tout en préservant cette précieuse estime de soi. Si vous habitez Tubize ou ses environs et que votre enfant rencontre des difficultés d'apprentissage, n'hésitez pas à prendre contact pour bénéficier d'un accompagnement professionnel et humain.