Pourquoi il dit souvent : “J’ai oublié” ?

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09/06/2026
Pourquoi il dit souvent : “J’ai oublié” ?Pourquoi il dit souvent : “J’ai oublié” ?Pourquoi il dit souvent : “J’ai oublié” ?Pourquoi il dit souvent : “J’ai oublié” ?Pourquoi il dit souvent : “J’ai oublié” ?Pourquoi il dit souvent : “J’ai oublié” ?Pourquoi il dit souvent : “J’ai oublié” ?Pourquoi il dit souvent : “J’ai oublié” ?Pourquoi il dit souvent : “J’ai oublié” ?

Les parents entendent parfois :

- J’ai oublié.

Le cahier.
La consigne.
Le mot.
Le rendez-vous.
Le matériel.
La question.

À force, cela épuise.

À la maison, les tensions montent.
À l’école, les remarques reviennent :
- « Il ne fait pas attention. »
- « Il n’écoute pas. »
- « Il pourrait s’il voulait. »

Et l’enfant ou l'adolescent, lui, peut finir par penser :
- « Je suis nul. »
- « Je déçois tout le monde. »
- « De toute façon, je vais encore oublier. »

Et si ce n’était pas simplement un manque d’effort ?

Les oublis fréquents peuvent parfois s’expliquer par des fragilités de mémoire de travail, d’attention, de langage ou de fonctions exécutives, notamment chez certains enfants avec un TDA/H, une dysphasie (ou un TDL) ou un profil multidys (Kofler et al., 2024 ; Niu et al., 2024 ; Sadozai et al., 2024).

Cela ne veut pas dire que tout oubli est un trouble.
Cela veut dire qu’avant de conclure à de la paresse, il faut comprendre ce qui se passe.

“J’ai oublié” n’est pas toujours de l’opposition

Un oubli peut être involontaire.

Un enfant (ou un adolescent) peut vouloir bien faire, avoir entendu la consigne, avoir commencé la tâche … puis perdre l’information en route.

Cela peut arriver quand :

  • - la consigne est trop longue ;
  • - l’environnement est bruyant ;
  • - l’enfant (ou l'ado) est fatigué ;
  • - il doit écouter et agir en même temps ;
  • - il doit inhiber des distractions ;
  • - il ne comprend qu’une partie de ce qui est dit ;
  • - son cerveau est déjà saturé.

Les fonctions exécutives permettent notamment de planifier, maintenir un objectif, gérer les distractions et réaliser des tâches du quotidien ; lorsqu’elles sont fragiles, cela peut impacter les devoirs, l’organisation, les rendez-vous et la vie scolaire (ASHA, n.d.).

Déculpabiliser ne veut pas dire tout excuser.
Mais comprendre permet d’aider plus efficacement son enfant.

Le rôle de la mémoire de travail

La mémoire de travail, c’est la capacité à garder une information en tête pendant quelques secondes, tout en l’utilisant.

Elle sert à :

  • - retenir une consigne ;
  • - suivre plusieurs étapes ;
  • - copier une phrase ;
  • - faire un calcul mental ;
  • - écouter tout en écrivant ;
  • - préparer son cartable ;
  • - garder son idée pendant qu’on parle.

Chez certains enfants, cette mémoire est vite dépassée. Chez les enfants avec un TDA/H, les difficultés de mémoire de travail sont fréquentes, mais variables d’un enfant à l’autre (Kofler et al., 2024).

Exemples concrets :

  • - Il part chercher son cahier, puis revient sans cahier.
  • - Il commence une phrase, puis oublie ce qu’il voulait dire.
  • - Il entend trois consignes, mais n’en retient qu’une.
  • - Il veut prendre son matériel, puis une distraction interrompt l’action.

Dans ces situations, l’oubli peut être réel.

Le cerveau peut être “surchargé”

Le cerveau ne peut pas traiter une quantité illimitée d’informations en même temps.

À l’école, un enfant doit parfois :

  • - écouter ;
  • - comprendre ;
  • - écrire ;
  • - regarder le tableau ;
  • - ignorer les bruits ;
  • - gérer son matériel ;
  • - suivre le rythme ;
  • - retenir la consigne ;
  • - contrôler son comportement.

C’est énorme.

Quand la charge cognitive augmente, certaines informations peuvent être mal encodées ou rapidement perdues. La théorie de la charge cognitive rappelle que la mémoire de travail est limitée quand l’information est nouvelle ou complexe (Baxter et al., 2025).

Donc parfois, l’enfant ne “refuse” pas la consigne.
Il la perd.

Attention ≠ motivation

Un enfant distrait n’est pas forcément un enfant qui s’en fiche.

L’attention peut fluctuer, surtout en cas de fatigue, de surcharge, de stress, s'il y a un TDA/H ou des difficultés exécutives.

Le DSM-5 décrit notamment, dans les critères d’inattention du TDA/H, les oublis fréquents dans les activités quotidiennes, mais ce signe seul ne suffit jamais à poser un diagnostic (American Psychiatric Association, 2022).

Il faut donc éviter deux erreurs :

  • - croire que tout oubli est volontaire ;
  • - croire que tout oubli est un TDA/H.

La réalité est souvent plus nuancée.

Le langage joue un rôle

Un enfant peut avoir entendu sans avoir correctement compris ou encodé.

Chez les enfants avec une dysphasie (ou un TDL), les recherches récentes montrent des difficultés importantes en mémoire de travail verbale, notamment dans les tâches de rappel de chiffres, de mots, de non-mots ou d’informations entendues (Niu et al., 2024).

Cela peut expliquer certaines situations :

  • - consigne orale trop longue ;
  • - mots peu compris ;
  • - ordre des étapes perdu ;
  • - difficultés à reformuler ;
  • - oubli de la fin de la phrase ;
  • - récupération difficile du mot.

Exemple :

  • - « Range ton cahier bleu dans la farde rouge, puis prends ton livre de géographie. »

Pour certains enfants, cette phrase contient déjà trop d’informations verbales.

Ils peuvent répondre :
- « J’ai oublié. »

Les conséquences émotionnelles

Les oublis répétés abîment souvent l’estime de soi.

L’enfant peut ressentir :

  • - de la honte ;
  • - de la culpabilité ;
  • - une peur de décevoir ;
  • - une anxiété ;
  • - du découragement ;
  • - une fatigue ;
  • - une impression d’être “moins capable”.

Chez l’adolescent, cela peut être encore plus sensible. Il veut être autonome, ne pas se faire remarquer, ne pas paraître “différent”.

Quand les adultes interprètent trop vite l’oubli comme de la mauvaise volonté, l’enfant peut se protéger par :

  • - l’évitement ;
  • - l’humour ;
  • - le retrait ;
  • - l’opposition apparente ;
  • - le “je m’en fiche”.

Mais parfois, derrière ce “je m’en fiche”, il y a surtout :
- « Je n’y arrive pas et j’en ai marre d’échouer. »

Ce qu’on observe souvent

On peut observer :

  • - des oublis de matériel ;
  • - des oublis de consignes ;
  • - des oublis de rendez-vous ;
  • - des pertes fréquentes d’objets ;
  • - des besoins de répétitions ;
  • - une lenteur ;
  • - une forte distractibilité ;
  • - des "trous de mémoire" ;
  • - des difficultés à planifier ;
  • - une difficulté à terminer une tâche ;
  • - des oublis au cours d'une phrase ;
  • - une difficulté à gérer plusieurs étapes ;
  • - une fatigue ;
  • - le besoin d’un adulte pour relancer.

Ces signes ne posent pas un diagnostic.
Ils indiquent qu’il faut observer la fréquence, l’intensité, les contextes et l’impact sur le quotidien.

Ce que les adultes font parfois sans le vouloir

Quand les oublis se répètent, les adultes peuvent perdre patience. C’est humain.

Mais certaines réactions aggravent parfois la surcharge :

  • - répéter plus fort ;
  • - répéter avec colère ;
  • - comparer avec un frère, une sœur ou un camarade ;
  • - dire “tu le fais exprès” ;
  • - ajouter plusieurs consignes d’un coup ;
  • - menacer avant d’aider ;
  • - interpréter directement comme de la paresse.

Le problème : un enfant déjà saturé traite encore moins bien l’information sous pression.

L’objectif n’est pas de culpabiliser les parents ou enseignants.
L’objectif est de changer de levier.

Ce qui aide réellement

Ce qui aide le plus souvent, c’est de soutenir la mémoire et de réduire la charge cognitive.

À mettre en place concrètement

  • - Donner une consigne à la fois.
  • - Faire reformuler calmement.
  • - Écrire les étapes.
  • - Utiliser une checklist.
  • - Installer une routine stable.
  • - Préparer le matériel toujours au même endroit.
  • - Utiliser des rappels visuels.
  • - Découper les tâches.
  • - Réduire le bruit quand c’est possible.
  • - Prévoir des temps de pause.
  • - Valoriser la stratégie utilisée, pas seulement le résultat.
  • - Éviter les longues explications au moment où l’enfant est déjà débordé.

Exemple :

  • Au lieu de :
    - « Va préparer ton sac, prends ton cahier de maths, ton plumier, ta gourde, ton journal de classe et n’oublie pas ton devoir. »
  • Dire :
    « Étape 1 : prends ton sac. »
    Puis montrer une checklist.

Ce n’est pas “faire à sa place”.
C’est lui donner un outil pour devenir plus autonome.

Focus adolescents

Au secondaire, la charge explose :

  • - plusieurs enseignants ;
  • - plusieurs locaux ;
  • - plusieurs supports ;
  • - davantage de devoirs ;
  • - plus d’autonomie ;
  • - plus de pression sociale ;
  • - moins guidé par l'adulte.

Un adolescent peut alors être perçu comme “je-m’en-foutiste”, alors qu’il est parfois simplement dépassé par l’organisation.

Ce qui aide les adolescents :

  • - des outils discrets ;
  • - un agenda numérique ;
  • - des rappels sur le téléphone ;
  • - des codes couleurs ;
  • - une routine hebdomadaire ;
  • - un plan du cartable ;
  • - un temps fixe d’organisation ;
  • - des stratégies choisies avec lui, pas imposées contre lui.

Quand consulter ?

Il peut être utile de consulter lorsque les oublis :

  • - sont fréquents ;
  • - durent dans le temps ;
  • - impactent l’école ;
  • - génèrent des conflits ;
  • - touchent aussi la maison ;
  • - entraînent une perte de confiance ;
  • - s’associent à des difficultés de langage ;
  • - s’associent à de la distractibilité ;
  • - s’associent à une grande fatigue ;
  • - persistent malgré les rappels habituels.

L’objectif n’est pas de coller une étiquette.
L’objectif est de comprendre le fonctionnement de votre enfant.

Le rôle du logopède

Le logopède peut aider à analyser :

  • - la compréhension et l'expression des phrases (ex : compréhension des consignes) ;
  • - le vocabulaire ;
  • - l’organisation du discours ;
  • - les stratégies de compensation ;
  • - l’impact dans la vie de tous les jours.

En pratique, l’accompagnement peut viser :

  • - la métacognition ;
  • - les routines ;
  • - les supports visuels ;
  • - les stratégies pour étayer le langage comme la reformulation ;
  • - l’autonomie ;
  • - la réduction de la surcharge ;
  • - la confiance de l’enfant.

Conclusion

Oublier ne veut pas forcément dire ne pas faire d’effort.

Certains enfants veulent bien faire, mais leur cerveau se surcharge vite.
Certains oublis viennent d’une mémoire de travail fragile.
D’autres viennent d’une consigne mal comprise.
D’autres encore d’une fatigue, d’un stress, d’une distractibilité ou d’une difficulté exécutive.

La clé, ce n’est pas de tout excuser.
C’est de mieux comprendre pour mieux accompagner.

Avec des routines, des supports visuels, des consignes plus courtes et un regard moins culpabilisant, le quotidien peut devenir beaucoup plus apaisé.

 

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