Le mutisme sélectif à l’école est encore trop souvent mal compris. Un enfant qui ne répond pas à l’appel, qui ne parle pas à la cantine, qui évite les exposés ou qui reste figé lorsqu’un adulte lui pose une question peut être perçu, à tort, comme “trop timide”, “impoli”, “opposant” ou “dans le refus”.
En réalité, le mutisme sélectif est un trouble anxieux de la communication. L’enfant parle dans certains contextes, souvent à la maison ou avec des personnes très familières, mais devient incapable de parler dans d’autres situations sociales, notamment à l’école (American Psychiatric Association, 2022 ; American Speech-Language-Hearing Association [ASHA], n.d.).
L’enfant ne choisit pas son silence. Il veut souvent parler, répondre, demander, participer … mais l’anxiété bloque l’accès à la parole. C’est précisément pour cela que l’école peut devenir un levier thérapeutique majeur : elle est à la fois le lieu où les difficultés apparaissent le plus et le lieu où les progrès doivent progressivement se généraliser.
Le mutisme sélectif est défini comme une incapacité persistante à parler dans certaines situations sociales où la parole est attendue, alors que l’enfant parle dans d’autres contextes. Cette difficulté a un impact sur la scolarité, les interactions sociales et la communication quotidienne (American Psychiatric Association, 2022).
Concrètement, à l'école, l'enfant (ou l'adolescent) peut :
Le mutisme sélectif n’est donc pas un refus volontaire de parler. Ce n’est pas un manque de politesse. Ce n’est pas une provocation. Ce n’est pas de l’opposition. C’est une réponse anxieuse intense, parfois paralysante (ASHA, n.d. ; Rodrigues Pereira et al., 2023).
L’école concentre de nombreuses situations sociales exigeantes : répondre devant les autres, parler à un adulte, participer à un groupe, demander quelque chose, être évalué, s’exprimer devant la classe ou interagir à la cantine.
Or, le mutisme sélectif varie selon trois grands paramètres : les personnes, les lieux et les activités. Un enfant peut parler à la maison, chuchoter avec un pair, mais être incapable de parler à son enseignant. Il peut répondre dans le bureau de la logopède, mais rester silencieux en classe. Il peut parler dans un petit groupe, mais pas devant toute la classe (Johnson & Wintgens, 2016 ; Le Gleut, 2024).
C’est pour cela que la généralisation ne se fait pas automatiquement. Elle doit être construite, étape par étape, dans les vrais lieux de vie de l’enfant.