Neuropsychologue ou logopède : quel professionnel consulter en premier pour les troubles DYS ?

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07/08/2026
Neuropsychologue ou logopède : quel professionnel consulter en premier pour les troubles DYS ?
Découvrez qui consulter entre neuropsychologue et logopède pour les DYS. Optimisez le parcours et évitez l'errance diagnostique

Votre enfant lit difficilement : devez-vous consulter un·e logopède ? Il semble inattentif, lent ou désorganisé : faut-il envisager un bilan neuropsychologique ? Est-il nécessaire de passer d’abord par un médecin ? Et comment éviter de multiplier les rendez-vous sans savoir ce que chaque bilan peut réellement apporter ?

Il n’existe pas un parcours identique pour tous les enfants. Le premier professionnel à consulter dépend de la nature des difficultés, de leur retentissement et des éventuels signes associés.

L’expression « troubles DYS » est couramment employée pour parler de différents troubles neurodéveloppementaux. Elle peut notamment renvoyer à des difficultés persistantes en lecture, en expression écrite, en mathématiques, dans le langage ou dans la coordination motrice. Cependant, ces difficultés ne s’expliquent pas toutes de la même manière et ne nécessitent pas systématiquement les mêmes évaluations.

Un diagnostic ne repose jamais sur une simple checklist ou sur le résultat d’un test isolé. Il doit tenir compte de l’histoire développementale et scolaire de l’enfant, des aides déjà mises en place, de ses langues, de son état de santé, des observations de son entourage et du retentissement dans la vie quotidienne (American Psychiatric Association, 2022).

Logopède et neuropsychologue : quelles différences ?

Le ou la logopède et le ou la neuropsychologue ont des rôles différents, mais complémentaires. Aucun de ces professionnels n’est systématiquement plus pertinent que l’autre.

Professionnel Ce qu’il évalue principalement Quand le consulter
Logopède Langage oral, parole, communication, lecture, orthographe et cognition mathématique Lorsque les difficultés concernent principalement le langage, la parole, la lecture, l’orthographe, la compréhension ou les apprentissages en mathématiques
Neuropsychologue Attention, mémoire, fonctions exécutives, vitesse de traitement, raisonnement, compétences visuo-spatiales et fonctionnement cognitif général Lorsque les difficultés concernent surtout l’attention, la mémoire, la lenteur, la planification, l’organisation ou un profil cognitif complexe

En Belgique, la profession de logopède est réglementée. Le cadre légal définit notamment le titre professionnel, les conditions de formation et les prestations techniques pouvant être réalisées par le ou la logopède (SPF Santé publique, 2025).

Pour la neuropsychologie, il est utile de vérifier que le professionnel est bien psychologue, inscrit auprès de la Commission des Psychologues, et qu’il possède une formation adaptée à l’âge de l’enfant et à la question posée. La Commission précise que la neuropsychologie fait partie des secteurs de la psychologie (Commission des Psychologues, 2024).

Quand consulter d’abord un·e logopède ?

Un bilan logopédique peut être une première étape pertinente lorsque les difficultés concernent principalement le langage, la parole, la lecture, l’orthographe ou certaines compétences mathématiques.

Vous pouvez notamment demander un avis si votre enfant :

  • - lit très lentement ou de manière coûteuse ;
  • - devine régulièrement les mots ;
  • - confond certains sons ou certaines lettres ;
  • - éprouve des difficultés à assembler les sons pour lire ;
  • - fait de nombreuses erreurs en orthographe ;
  • - comprend difficilement les consignes ;
  • - cherche souvent ses mots ;
  • - construit difficilement ses phrases ;
  • - présente une parole difficilement intelligible ;
  • - comprend difficilement les nombres ;
  • - peine à mémoriser certaines procédures mathématiques ;
  • - rencontre des difficultés persistantes dans certains raisonnements mathématiques.

Le ou la logopède ne se contente pas d’administrer un test. Il ou elle analyse les compétences ciblées, les stratégies utilisées par l’enfant, les erreurs, l’évolution des difficultés et leur retentissement.

Pour le langage écrit, l’évaluation peut notamment porter sur :

  • - la précision et la vitesse de lecture ;
  • - le décodage de mots nouveaux ;
  • - la reconnaissance des mots ;
  • - la compréhension écrite ;
  • - l’orthographe ;
  • - la conscience phonologique ;
  • - certaines compétences du langage oral ;
  • - les stratégies de compensation ;
  • - les conséquences fonctionnelles des difficultés.

Une évaluation complète associe les résultats aux tests à l’histoire de l’enfant, aux observations de la famille et de l’école ainsi qu’à l’analyse de productions scolaires. Une collaboration avec d’autres professionnels peut être nécessaire lorsque le profil dépasse le domaine logopédique (ASHA, s. d.).

Exemple concret

Votre enfant de 8 ans comprend bien les histoires qu’on lui raconte, mais il lit très lentement, hésite sur de nombreux mots et se fatigue rapidement.

Dans cette situation, un bilan logopédique peut constituer une première étape pertinente pour préciser son fonctionnement en lecture.

Cet exemple ne permet cependant pas de conclure automatiquement à une dyslexie. Les difficultés doivent être replacées dans l’histoire de votre enfant.

Quand envisager un bilan neuropsychologique ?

Le bilan neuropsychologique cherche à mieux comprendre le fonctionnement cognitif de l’enfant.

Selon la question clinique, il peut notamment explorer :

  • - l’attention ;
  • - la mémoire de travail ;
  • - les autres formes de mémoire ;
  • - la vitesse de traitement ;
  • - la planification ;
  • - l’inhibition ;
  • - la flexibilité mentale ;
  • - le raisonnement ;
  • - certaines compétences visuo-spatiales ;
  • - le fonctionnement intellectuel général.

Un bilan neuropsychologique peut être utile lorsque les difficultés dépassent un domaine scolaire précis ou concernent principalement l’attention, la mémoire et l’organisation.

Vous pouvez notamment l’envisager si votre enfant :

  • - oublie fréquemment les consignes ;
  • - perd régulièrement son matériel ;
  • - ne sait pas par où commencer ;
  • - commence plusieurs tâches sans les terminer ;
  • - a besoin d’un accompagnement important pour s’organiser ;
  • - semble beaucoup plus lent que les autres enfants ;
  • - connaît ses leçons, mais ne parvient pas à mobiliser ses connaissances ;
  • - montre un décalage difficile à comprendre entre ses capacités et ses résultats.

Le contenu du bilan doit être adapté à la question posée. Tous les enfants ne doivent pas passer exactement les mêmes tests.

Exemple concret

Votre enfant connaît ses leçons, mais il oublie les consignes, perd ses affaires et éprouve de grandes difficultés à planifier son travail.

Dans cette situation, un bilan neuropsychologique peut aider à explorer son fonctionnement attentionnel et exécutif.

Ce bilan ne permet toutefois pas, à lui seul, de diagnostiquer automatiquement un TDAH.

Un neuropsychologue peut-il diagnostiquer un TDAH ?

Le diagnostic du TDAH ne repose pas uniquement sur des tests d’attention ou sur un bilan neuropsychologique.

L’évaluation doit notamment tenir compte :

  • - de l’histoire développementale ;
  • - des comportements observés dans plusieurs environnements ;
  • - du retentissement à l’école, à la maison et dans les relations sociales ;
  • - des informations fournies par les parents et les enseignants ;
  • - des autres explications possibles ;
  • - des éventuels troubles associés.

En Belgique, le Conseil supérieur de la Santé recommande que le diagnostic du TDAH chez l’enfant soit posé dans le cadre d’une démarche experte de deuxième ou de troisième ligne. Le médecin généraliste, l’école et les professionnels de première ligne peuvent repérer les signes et orienter la famille mais ils ne doivent pas conclure à partir d’un seul questionnaire ou d’un test isolé (Conseil supérieur de la Santé, 2021).

Le neurospychologue peut donc apporter des informations importantes sur le fonctionnement cognitif de l’enfant. Selon la situation, ces informations seront intégrées à une évaluation plus large menée avec un médecin ou une équipe spécialisée.

Faut-il toujours réaliser un bilan logopédique et un bilan neuropsychologique ?

Non, il n’est pas nécessaire de faire systématiquement les deux bilans.

Le choix dépend :

  • - de la difficulté principale ;
  • - de l’ancienneté des difficultés ;
  • - des observations de la personne qui demande le bilan ;
  • - des résultats des premières évaluations ;
  • - de l’évolution de l’enfant ;
  • - de la présence éventuelle de difficultés associées.

Si la plainte est clairement centrée sur la congition mathématique, la lecture, le langage ou l’orthographe, commencer par un bilan logopédique peut suffire.

Si le profil est principalement marqué par des difficultés d’attention, de mémoire, de lenteur ou d’organisation, une évaluation neuropsychologique peut être plus pertinente.

Lorsque les difficultés sont multiples, un avis médical ou multidisciplinaire peut aider à hiérarchiser les évaluations.

Le premier professionnel consulté peut recommander un bilan complémentaire si une question importante reste sans réponse.

Quel professionnel consulter selon les difficultés observées ?

Difficulté observée Premier contact possible
Lecture et orthographe Logopède
Langage oral Logopède
Parole peu intelligible Logopède
Difficultés en mathématiques Logopède
Attention et organisation Neurospychologue
Mémoire et lenteur générale Neurospychologue
Suspicion de TDAH Neurospychologue
   
   
   
   

Cette grille sert uniquement à orienter. Elle ne remplace pas une évaluation personnalisée.

Conclusion

Le bon premier professionnel dépend de la difficulté principale de votre enfant.

Lorsque les difficultés concernent principalement le langage, la parole, la lecture, l’orthographe ou certaines compétences mathématiques, un bilan logopédique peut constituer une première étape.

Lorsque les difficultés concernent surtout l’attention, la mémoire, la lenteur ou l’organisation, un bilan neuropsychologique peut être envisagé.

Lorsque plusieurs difficultés sont associées, qu’un TDAH est suspecté ou que des signes moteurs, développementaux ou neurologiques sont présents, un avis médical peut aider à organiser le parcours.

Il n’est pas toujours nécessaire de réaliser tous les bilans. L’objectif est de choisir une évaluation qui répond à une question concrète et qui permet de mieux aider l’enfant.

 

 

À Tubize, Maxime Trésinie, logopède, accompagne les enfants et les adolescents lorsque les difficultés concernent notamment le langage, la lecture, l’orthographe ou certaines compétences mathématiques. Lorsque le profil nécessite un autre regard, une orientation vers un professionnel complémentaire peut être proposée.

Cette démarche peut également intéresser les familles de Braine-l’Alleud et de Hal à la recherche d’un accompagnement logopédique pour des difficultés d’apprentissage ou des troubles DYS.