Votre enfant lit difficilement : devez-vous consulter un·e logopède ? Il semble inattentif, lent ou désorganisé : faut-il envisager un bilan neuropsychologique ? Est-il nécessaire de passer d’abord par un médecin ? Et comment éviter de multiplier les rendez-vous sans savoir ce que chaque bilan peut réellement apporter ?
Il n’existe pas un parcours identique pour tous les enfants. Le premier professionnel à consulter dépend de la nature des difficultés, de leur retentissement et des éventuels signes associés.
L’expression « troubles DYS » est couramment employée pour parler de différents troubles neurodéveloppementaux. Elle peut notamment renvoyer à des difficultés persistantes en lecture, en expression écrite, en mathématiques, dans le langage ou dans la coordination motrice. Cependant, ces difficultés ne s’expliquent pas toutes de la même manière et ne nécessitent pas systématiquement les mêmes évaluations.
Un diagnostic ne repose jamais sur une simple checklist ou sur le résultat d’un test isolé. Il doit tenir compte de l’histoire développementale et scolaire de l’enfant, des aides déjà mises en place, de ses langues, de son état de santé, des observations de son entourage et du retentissement dans la vie quotidienne (American Psychiatric Association, 2022).
Le ou la logopède et le ou la neuropsychologue ont des rôles différents, mais complémentaires. Aucun de ces professionnels n’est systématiquement plus pertinent que l’autre.
| Professionnel | Ce qu’il évalue principalement | Quand le consulter |
|---|---|---|
| Logopède | Langage oral, parole, communication, lecture, orthographe et cognition mathématique | Lorsque les difficultés concernent principalement le langage, la parole, la lecture, l’orthographe, la compréhension ou les apprentissages en mathématiques |
| Neuropsychologue | Attention, mémoire, fonctions exécutives, vitesse de traitement, raisonnement, compétences visuo-spatiales et fonctionnement cognitif général | Lorsque les difficultés concernent surtout l’attention, la mémoire, la lenteur, la planification, l’organisation ou un profil cognitif complexe |
En Belgique, la profession de logopède est réglementée. Le cadre légal définit notamment le titre professionnel, les conditions de formation et les prestations techniques pouvant être réalisées par le ou la logopède (SPF Santé publique, 2025).
Pour la neuropsychologie, il est utile de vérifier que le professionnel est bien psychologue, inscrit auprès de la Commission des Psychologues, et qu’il possède une formation adaptée à l’âge de l’enfant et à la question posée. La Commission précise que la neuropsychologie fait partie des secteurs de la psychologie (Commission des Psychologues, 2024).
Un bilan logopédique peut être une première étape pertinente lorsque les difficultés concernent principalement le langage, la parole, la lecture, l’orthographe ou certaines compétences mathématiques.
Vous pouvez notamment demander un avis si votre enfant :
Le ou la logopède ne se contente pas d’administrer un test. Il ou elle analyse les compétences ciblées, les stratégies utilisées par l’enfant, les erreurs, l’évolution des difficultés et leur retentissement.
Pour le langage écrit, l’évaluation peut notamment porter sur :
Une évaluation complète associe les résultats aux tests à l’histoire de l’enfant, aux observations de la famille et de l’école ainsi qu’à l’analyse de productions scolaires. Une collaboration avec d’autres professionnels peut être nécessaire lorsque le profil dépasse le domaine logopédique (ASHA, s. d.).
Votre enfant de 8 ans comprend bien les histoires qu’on lui raconte, mais il lit très lentement, hésite sur de nombreux mots et se fatigue rapidement.
Dans cette situation, un bilan logopédique peut constituer une première étape pertinente pour préciser son fonctionnement en lecture.
Cet exemple ne permet cependant pas de conclure automatiquement à une dyslexie. Les difficultés doivent être replacées dans l’histoire de votre enfant.
Le bilan neuropsychologique cherche à mieux comprendre le fonctionnement cognitif de l’enfant.
Selon la question clinique, il peut notamment explorer :
Un bilan neuropsychologique peut être utile lorsque les difficultés dépassent un domaine scolaire précis ou concernent principalement l’attention, la mémoire et l’organisation.
Vous pouvez notamment l’envisager si votre enfant :
Le contenu du bilan doit être adapté à la question posée. Tous les enfants ne doivent pas passer exactement les mêmes tests.
Votre enfant connaît ses leçons, mais il oublie les consignes, perd ses affaires et éprouve de grandes difficultés à planifier son travail.
Dans cette situation, un bilan neuropsychologique peut aider à explorer son fonctionnement attentionnel et exécutif.
Ce bilan ne permet toutefois pas, à lui seul, de diagnostiquer automatiquement un TDAH.
Le diagnostic du TDAH ne repose pas uniquement sur des tests d’attention ou sur un bilan neuropsychologique.
L’évaluation doit notamment tenir compte :
En Belgique, le Conseil supérieur de la Santé recommande que le diagnostic du TDAH chez l’enfant soit posé dans le cadre d’une démarche experte de deuxième ou de troisième ligne. Le médecin généraliste, l’école et les professionnels de première ligne peuvent repérer les signes et orienter la famille mais ils ne doivent pas conclure à partir d’un seul questionnaire ou d’un test isolé (Conseil supérieur de la Santé, 2021).
Le neurospychologue peut donc apporter des informations importantes sur le fonctionnement cognitif de l’enfant. Selon la situation, ces informations seront intégrées à une évaluation plus large menée avec un médecin ou une équipe spécialisée.
Non, il n’est pas nécessaire de faire systématiquement les deux bilans.
Le choix dépend :
Si la plainte est clairement centrée sur la congition mathématique, la lecture, le langage ou l’orthographe, commencer par un bilan logopédique peut suffire.
Si le profil est principalement marqué par des difficultés d’attention, de mémoire, de lenteur ou d’organisation, une évaluation neuropsychologique peut être plus pertinente.
Lorsque les difficultés sont multiples, un avis médical ou multidisciplinaire peut aider à hiérarchiser les évaluations.
Le premier professionnel consulté peut recommander un bilan complémentaire si une question importante reste sans réponse.
| Difficulté observée | Premier contact possible |
|---|---|
| Lecture et orthographe | Logopède |
| Langage oral | Logopède |
| Parole peu intelligible | Logopède |
| Difficultés en mathématiques | Logopède |
| Attention et organisation | Neurospychologue |
| Mémoire et lenteur générale | Neurospychologue |
| Suspicion de TDAH | Neurospychologue |
Cette grille sert uniquement à orienter. Elle ne remplace pas une évaluation personnalisée.
Le bon premier professionnel dépend de la difficulté principale de votre enfant.
Lorsque les difficultés concernent principalement le langage, la parole, la lecture, l’orthographe ou certaines compétences mathématiques, un bilan logopédique peut constituer une première étape.
Lorsque les difficultés concernent surtout l’attention, la mémoire, la lenteur ou l’organisation, un bilan neuropsychologique peut être envisagé.
Lorsque plusieurs difficultés sont associées, qu’un TDAH est suspecté ou que des signes moteurs, développementaux ou neurologiques sont présents, un avis médical peut aider à organiser le parcours.
Il n’est pas toujours nécessaire de réaliser tous les bilans. L’objectif est de choisir une évaluation qui répond à une question concrète et qui permet de mieux aider l’enfant.
À Tubize, Maxime Trésinie, logopède, accompagne les enfants et les adolescents lorsque les difficultés concernent notamment le langage, la lecture, l’orthographe ou certaines compétences mathématiques. Lorsque le profil nécessite un autre regard, une orientation vers un professionnel complémentaire peut être proposée.
Cette démarche peut également intéresser les familles de Braine-l’Alleud et de Hal à la recherche d’un accompagnement logopédique pour des difficultés d’apprentissage ou des troubles DYS.