Comment choisir un logopède pour son enfant autiste en Belgique ?

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04/09/2026
Comment choisir un logopède pour son enfant autiste en Belgique ?
Comment savoir si le suivi logopédique aide votre enfant autiste ? Objectifs, progrès dans la vraie vie, CAA, bien-être et questions à poser.

Choisir un logopède pour un enfant autiste ne devrait pas commencer par une liste de certificats à vérifier.

La question la plus utile est plutôt :

  • - Est-ce que ce professionnel pourra comprendre la manière dont mon enfant communique et l’aider à mieux se faire comprendre, comprendre les autres et participer à sa vie quotidienne ?

Deux enfants autistes du même âge peuvent avoir des besoins très différents. L’un peut utiliser peu ou pas la parole. Un autre peut parler beaucoup mais éprouver des difficultés à comprendre certaines consignes, raconter un événement, expliquer un problème ou adapter sa communication selon son interlocuteur. Un autre encore peut avoir besoin d’un moyen de communication alternative et améliorée (ou CAA).

Le rôle du logopède est donc d’évaluer les compétences et les besoins qui relèvent de son champ professionnel : la compréhension, l'expression, le langage oral, l'intelligibilité lorsque la parole est concernée, la communication dans la vie de tous les jours, la pragmatique (c’est-à-dire l’utilisation du langage dans les interactions) et, lorsque cela est pertinent, le langage écrit (la lecture et l'orthographe) ainsi que la cognition mathématique. Le diagnostic de trouble du sectre de l'autisme, lui, repose sur une démarche clinique plus large et pluriprofessionnelle : un logopède ne diagnostique pas un TSA ; il participe cependant à ce diagnostic.

Voici les critères réellement utiles pour comparer plusieurs professionnels.

 

Votre enfant a-t-il réellement besoin d’un suivi logopédique ?

Être autiste ne signifie pas automatiquement avoir besoin d’une prise en soin logopédique. À l’inverse, un enfant qui parle peut parfaitement avoir des besoins relevant de la logopédie.

Une évaluation peut notamment être pertinente si votre enfant :

  • - éprouve des difficultés à exprimer ce qu’il veut, ce qu’il refuse ou ce dont il a besoin ;
  • - comprend difficilement certaines consignes ou certaines conversations ;
  • - utilise peu ou pas la parole ;
  • - communique essentiellement par les gestes, les actions ou en amenant l’adulte vers ce qu’il souhaite ;
  • - semble régulièrement en difficulté faute de moyen suffisamment efficace pour communiquer ;
  • - présente des difficultés à raconter, expliquer, demander de l’aide ou réparer un malentendu dans une discussion ;
  • - dispose déjà d’un outil de CAA mais l’utilise difficilement ou seulement dans certaines situations ;
  • - communique relativement bien dans un environnement mais beaucoup moins dans un autre.

L’objectif d’un premier bilan n’est donc pas de rechercher « ce que l’autisme a abîmé », mais de comprendre ce qui fonctionne déjà, ce qui fait obstacle à la participation de l’enfant et quelles aides pourraient lui être utiles.

 

1. Quels sont vos objectifs pour mon enfant ?

C’est probablement l’une des meilleures questions à poser.

Un objectif thérapeutique devrait être suffisamment concret pour que vous puissiez comprendre à quoi il servira dans la vie de votre enfant.

 

Par exemple :

❌ améliorer son langage est beaucoup moins précis que :

✅ lui permettre de demander de l’aide lorsqu’il est bloqué ;

✅ lui permettre de choisir entre deux activités ;

✅ mieux comprendre une consigne pendant l’habillage ;

✅ disposer d’un moyen efficace pour dire qu’il veut arrêter ;

✅ pouvoir expliquer ce qui s’est passé à l’école avec des mots, des images ou son outil de CAA.

 

Un objectif fonctionnel peut concerner une compétence très simple en apparence mais extrêmement importante pour l’autonomie.

Pouvoir dire « non », demander une pause, dire qu'il a mal, que « je ne comprends pas » ou attirer l’attention d’une personne peut parfois avoir davantage d’impact dans le quotidien que réussir une série d’exercices uniquement en cabinet.

Vous pouvez donc demander :

« Dans quelles situations de la vie quotidienne cet objectif va-t-il l’aider ? »

 

2. Comment évaluez-vous sa communication ?

Une évaluation logopédique ne devrait pas se limiter à compter les mots prononcés ou à obtenir un score de test.

Le logopède peut également chercher à comprendre :

  • - comment l’enfant demande un objet ou une activité ;
  • - comment il refuse ;
  • - comment il choisit ;
  • - comment il attire l’attention ;
  • - comment il demande de l’aide ou une pause ;
  • - ce qu’il comprend dans différentes situations ;
  • - s’il utilise les mêmes moyens avec ses parents, à l’école ou avec une personne moins familière ;
  • - ce qui se passe lorsque son interlocuteur ne comprend pas ;
  • - dans quelles situations la communication devient plus difficile ;
  • - quels gestes, sons, mots, images ou autres moyens il utilise déjà spontanément.

Prenons un exemple.

Un enfant peut être capable de dire correctement trente images lors d’un test mais ne pas parvenir à signaler qu’il a mal au ventre ou qu’un exercice est trop difficile. À l’inverse, un enfant qui utilise très peu de mots peut disposer de nombreux moyens efficaces pour refuser, choisir, attirer l’attention et partager quelque chose avec son entourage.

Les deux profils nécessitent une analyse différente.

 

Les tests standardisés peuvent apporter des informations utiles. Mais ils ne remplacent pas l’observation de la communication réelle dans des situations qui ont du sens pour l’enfant.

 

3. Quelle place donnez-vous à la communication augmentative et alternative ?

La communication augmentative et alternative, souvent abrégée CAA, rassemble les moyens utilisés pour compléter ou remplacer temporairement ou durablement la parole lorsqu’elle ne suffit pas à répondre aux besoins de communication.

Elle peut comprendre :

  • - les gestes ;
  • - les signes ;
  • - les photos ;
  • - les pictogrammes ;
  • - les tableaux de communication ;
  • - les classeurs ou cahiers ;
  • - des applications ;
  • - les outils numériques, pouvant disposer d’une synthèse vocale.

Un enfant n’a pas besoin d’être totalement non oralisant (ne pas parler du tout) pour bénéficier d’une CAA. Certains enfants parlent mais leurs moyens à l'oral deviennent insuffisants lorsqu’ils sont fatigués, stressés, confrontés à une situation complexe ou lorsqu’ils doivent dire un message plus élaboré par exemple.

 

Les pictogrammes ou la CAA empêchent-ils de parler ?

C’est une crainte fréquente.

Les données disponibles ne montrent pas que l’utilisation d’une CAA empêche le développement de la parole. Les revues disponibles rapportent généralement une absence de diminution de la parole et, souvent, des progrès. Cela ne signifie pas que la CAA fera nécessairement apparaître la parole : son premier objectif reste de donner accès à une communication efficace.

 

4. Comment choisissez-vous vos méthodes ?

Avoir suivi une formation est utile. Cela ne signifie pas que la méthode enseignée doit être appliquée à chaque enfant.

Le raisonnement le plus pertinent va dans ce sens :

besoin → objectif → profil de l’enfant → intervention

et non :

méthode → enfant

Un logopède peut s’inspirer de principes provenant de différentes approches, à condition de pouvoir expliquer pourquoi ils répondent au besoin identifié et comment leur effet sera évalué

.

ABA, TEACCH, ESDM, PACT : de quoi parle-t-on ?

ABA désigne l’analyse appliquée du comportement et couvre une famille d’approches reposant notamment sur l’analyse des relations entre l’environnement et le comportement. Les données scientifiques ne justifient pas de résumer la question à « ABA fonctionne » ou « ABA ne fonctionne pas » : les résultats dépendent des programmes, des objectifs et des critères considérés.

 

TEACCH est davantage un cadre d’accompagnement reposant notamment sur la structuration de l’environnement et l’utilisation de supports visuels. Ce n’est pas une technique exclusivement logopédique ni une formation légalement requise.

 

ESDM, ou Early Start Denver Model, est une intervention développementale et comportementale destinée aux jeunes enfants. Des recherches rapportent des bénéfices sur certains domaines, notamment cognitifs ou langagiers, mais pas sur tous les résultats étudiés.

 

PACT, enfin, est une intervention parent-médiée spécifique centrée sur la communication sociale. Elle comprend notamment un accompagnement structuré des interactions parent-enfant et du vidéo-feedback. Un échange de conseils avec une famille ne doit donc pas être appelé automatiquement « PACT ».

 

La bonne question à poser n’est pas forcément « utilisez-vous telle méthode ? », mais :

« Pourquoi pensez-vous que cette stratégie correspond aux besoins de mon enfant ? »

 

5. Quelle expérience avez-vous avec des enfants comme le mien ?

Les formations apportent des connaissances. L’expérience clinique apporte autre chose : savoir observer, ajuster, expliquer, renoncer à une stratégie qui ne fonctionne pas et gérer la diversité réelle des profils.

Vous pouvez demander au professionnel quelle expérience il possède avec des enfants présentant un profil comparable en termes :

  • - d’âge ;
  • - de niveau de communication ;
  • - d’utilisation ou non de la parole ;
  • - de CAA ;
  • - de difficultés de langage ;
  • - de déficience intellectuelle éventuellement associée ;
  • - de contexte scolaire ;
  • - de besoins familiaux.

Des questions très simples sont possibles :

- Quels types d’objectifs travaillez-vous généralement avec ces enfants ? 

- Comment mesurez-vous ses progrès ? 

Il n’est pas nécessaire que le professionnel ait déjà rencontré un enfant exactement identique au vôtre ; ce serait d’ailleurs impossible. Ce qui compte est qu’il comprenne les enjeux pertinents, connaisse les limites de ses compétences et sache chercher de l’aide ou orienter lorsque c'est nécessaire.

 

Les formations : quelles questions poser ?

Une formation spécifique au TSA peut être un bon indicateur d’investissement professionnel mais elle n’est pas une garantie de qualité à elle seule.

En Belgique, la profession de logopède est réglementée et le SPF Santé publique demande aux professionnels de maintenir et d’actualiser leurs connaissances et compétences. 

Vous pouvez demander :

  • - Avez-vous suivi des formations spécifiques au TSA ? 
  • - Avez-vous été formé à la CAA ? 
  • - Quand avez-vous actualisé vos connaissances pour la dernière fois ? 
  • - Comment choisissez-vous entre différentes approches ? 
  • - Comment restez-vous informé des nouvelles recommandations ? 
  • - Travaillez-vous avec d’autres professionnels lorsque c’est utile ? 
  • - Pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous proposez cette intervention ? 

Une longue liste de certificats n’est pas automatiquement synonyme d’un accompagnement de qualité.

 

6. Comment travaillez-vous avec les parents ?

Les parents connaissent des situations que le logopède ne voit jamais pendant une séance de 30 ou 60 minutes.

Ils peuvent expliquer ce qui fonctionne le matin, ce qui devient difficile dans les magasins, ce que l’enfant fait avec ses frères et sœurs ou comment il communique lorsqu’il est très fatigué.

Une bonne collaboration peut donc consister à :

  • - expliquer les objectifs ;
  • - montrer certaines stratégies utiles ;
  • - recueillir les priorités de la famille ;
  • - ajuster les propositions aux contraintes quotidiennes ;
  • - réfléchir ensemble à une difficulté concrète ;
  • - proposer quelques changements réalistes plutôt qu’une longue liste d’exercices.

Les recommandations récentes reconnaissent explicitement l’expertise d’usage des familles et différentes formes de partenariat parental.

Mais cela ne signifie pas que le domicile doit se transformer en salle de thérapie.

Les parents sont les partenaires de leur enfant, pas ses thérapeutes 24 heures sur 24.

Certaines stratégies peuvent simplement trouver leur place dans une activité déjà présente : laisser la CAA accessible pendant le repas, donner un moyen simple de demander une pause pendant les devoirs ou utiliser le même symbole pour « arrêter » à la maison et à l’école.

 

7. Comment collaborez-vous avec l’école ?

Un enfant peut parfaitement utiliser une compétence avec son logopède et ne pas encore pouvoir l’utiliser en classe.

Pour cette raison, il peut être utile, lorsque cela correspond aux besoins de l’enfant et avec l’accord nécessaire, de coordonner certaines stratégies entre les différents environnements.

Cela peut permettre :

  • - de rendre un outil de CAA disponible en classe comme à la maison ;
  • - d’utiliser certains symboles de manière cohérente ;
  • - de préciser comment l’enfant peut demander de l’aide ou une pause ;
  • - de partager des objectifs ;
  • - de mieux comprendre les situations scolaires qui posent problème.

 

Vous cherchez un logopède à Tubize ?

Vous habitez Tubize ou les environs et vous vous interrogez sur la communication de votre enfant ou de votre adolescent ?

Maxime Trésinie, logopède à Tubize, proche de Braine-L'Alleud et Hal, accompagne des personnes avec TSA à partir de 11 ans, comprenant notamment l’évaluation de la communication et la possibilité d’utiliser des supports visuels ou des outils de communication adaptés.